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Vous savez ce que vous devez faire. Alors pourquoi vous ne le faites pas ?

  • 18 juin
  • 5 min de lecture

Par Aurélie Grandadam — AG Consulting et Formations Alsace


Il y a cette pensée. Celle qui revient depuis des mois, parfois des années.

Le dimanche soir, avant de s'endormir. Dans le train du matin. Entre deux réunions qui n'en finissent pas. Elle est là, discrète, persistante, un peu usante à force de revenir : « Je ne peux pas continuer comme ça. Il faut que je fasse quelque chose. »

Et pourtant. Vous ne faites rien. Pas encore.

Pas parce que vous êtes paresseux. Pas parce que vous ne savez pas ce que vous voulez. Mais parce que quelque chose, en vous, résiste. Quelque chose d'invisible et de très puissant, qui transforme chaque bonne intention en "plus tard".

C'est ce mécanisme-là que je veux explorer avec vous aujourd'hui. Parce que je le rencontre dans pratiquement tous mes premiers rendez-vous. Et parce qu'avant l'été — cette période charnière où le rythme ralentit enfin — il mérite d'être regardé en face.


La procrastination n'est pas un problème de volonté

On nous a appris que remettre à plus tard, c'est un défaut de caractère. Un manque de discipline. Une faiblesse.

C'est faux.

Les neurosciences et la psychologie comportementale nous montrent depuis longtemps que la procrastination est avant tout une stratégie d'évitement émotionnel. Ce que l'on remet à plus tard, ce n'est pas la tâche elle-même — c'est l'inconfort que cette tâche génère.

Et quand on parle d'une décision professionnelle majeure — changer de voie, reprendre des études, enfin mettre des mots sur ce qui ne va plus — cet inconfort est immense. Parce que ce n'est pas juste un projet. C'est une remise en question de qui vous êtes, de ce que vous avez construit, de ce que les autres attendent de vous.

Alors le cerveau fait ce qu'il fait toujours : il protège. Il trouve des raisons très valables de ne pas bouger. Des raisons qui sonnent comme du bon sens.


Les trois raisons qui ne sont pas vraiment des raisons


1. « Ce n'est pas le bon moment »

Il y a les enfants, le crédit, le collègue qui vient de partir, la réorganisation en cours, les vacances dans deux mois...

Le bon moment n'existe pas. Ce n'est pas du cynisme — c'est une réalité que j'observe depuis des années. Les personnes qui ont fait un bilan de compétences et transformé leur vie professionnelle ne l'ont pas fait dans des conditions idéales. Elles l'ont fait à un moment imparfait, parce qu'elles ont décidé que l'attente coûtait plus cher que tout le reste.


2. « Je n'ai pas assez d'informations »

Alors on cherche. On lit des témoignages, on regarde des vidéos, on compare des prestataires, on pose des questions sur des forums... pendant des mois. Parfois des années.

C'est ce que les psychologues appellent la paralysie par l'analyse. On se donne l'illusion d'avancer tout en restant immobile. C'est confortable. C'est aussi épuisant.

La vérité, c'est que certaines réponses ne peuvent pas venir d'une recherche Google, ou encore d'échanges avec une IA (voir mon article ) . Elles viennent d'un travail sur soi, en profondeur, avec quelqu'un qui vous aide à démêler ce qui vous appartient vraiment de ce qui vous a été transmis, imposé, ou inculqué.


3. « Et si je me trompe ? »

Celle-là, c'est la plus puissante.

Elle se glisse partout. Et si le nouveau chemin ne me convient pas non plus ? Et si je regrette ? Et si les autres ont raison de trouver ça risqué ?

La peur de l'erreur est souvent plus paralysante que l'erreur elle-même. Parce qu'une erreur, on peut la corriger, l'apprendre, en faire quelque chose. Une décision jamais prise, elle, reste une question ouverte. Un inconfort chronique. Une énergie qui tourne en rond.


Ce que j'ai vu au sixième rendez-vous

Je pense à une cliente que j'ai accompagnée il y a peu. Comptable depuis douze ans, passée par une dizaine d'entreprises différentes. Elle est arrivée épuisée nerveusement — épuisée d'elle-même, presque. Elle savait qu'elle devait partir. C'était urgent, palpable, dans chaque mot qu'elle prononçait.

Comme je le fais toujours en début d'accompagnement, "on a posé les valises". Sans se presser. Sans chercher à trouver des solutions avant d'avoir compris les vraies questions.

Au sixième rendez-vous, quelque chose s'est ouvert.

Elle avait un projet en tête. Quelque chose qui était là depuis le début, mais qu'elle ne voyait pas — ou plutôt, qu'elle ne s'autorisait pas à voir. Un projet qui lui ressemblait vraiment. Et ce qui m'a frappée, c'est qu'elle ne ressentait plus du tout l'urgence de quitter son poste de comptable. Au contraire : elle savait qu'elle en avait besoin encore un temps. Pour se former. Pour construire. Pour franchir le cap dans de bonnes conditions.

En douze ans, elle n'avait pas changé de métier. Elle avait changé d'entreprises. Ce n'est pas du tout la même chose.

Ce que le bilan avait fait, ce n'était pas de lui donner une direction. C'était de lui permettre de voir celle qui était déjà là — et de lui faire confiance.


Ce que l'été fait à notre rapport au temps

L'été approche. Pour beaucoup d'entre vous, dans quelques semaines, le rythme va changer. Les agendas vont se vider un peu. Il y aura des moments — au bord de l'eau, sur un transat, dans le jardin — où la pensée va revenir. Plus forte, parfois, parce que le bruit ambiant s'est tu.

C'est précisément pour ça que l'été est un moment stratégique.

Pas pour "décider de tout" en une semaine de congés. Mais pour créer les conditions d'un vrai départ en septembre. Pour ne pas se retrouver, le 25 août, à se promettre à nouveau que "cette rentrée, c'est la bonne" — sans avoir bougé d'un centimètre.

Ce que je vois, chaque année, c'est que les personnes qui vivent une rentrée de septembre vraiment différente sont celles qui ont utilisé l'été non pas pour fuir la question, mais pour commencer à y répondre.


Ce que "passer à l'action" veut vraiment dire

Passer à l'action, ce n'est pas forcément tout quitter du jour au lendemain.

C'est souvent beaucoup plus simple — et beaucoup plus courageux à la fois. C'est accepter d'avoir une première conversation. De poser les vraies questions, dans un espace où elles peuvent être entendues sans jugement. De commencer à distinguer ce qui vient de vos valeurs profondes et ce qui vient de vos peurs.

Un bilan de compétences n'est pas une solution magique. Ce n'est pas non plus réservé à ceux qui veulent "tout changer". C'est un espace de réflexion structuré, qui vous appartient entièrement, pour comprendre où vous en êtes — et surtout, où vous voulez aller.

Si vous vous posez la question depuis un moment, vous pouvez aussi commencer par faire le test en ligne sur mon site : il vous donnera une première lecture de votre situation.


Une question pour terminer

Si dans six mois, rien n'a changé — si vous lisez cet article à nouveau, en décembre, avec la même pensée du dimanche soir — comment vous sentirez-vous ?

Ce n'est pas une question pour vous culpabiliser. C'est une question pour vous permettre de mesurer ce que l'immobilité vous coûte vraiment.

Parce que le temps passe, que vous ayez agi ou non. Et cette pensée — « Il faut que je fasse quelque chose » — elle ne disparaît pas d'elle-même.

Elle attend, elle aussi. Patiemment. Que vous soyez enfin prêt à l'écouter.



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Sources externes :

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